Le logement mérite un service public

Publié le par Les communistes de L'Ile Saint Denis

Habitat . Les états généraux du logement et de la ville ont permis de mieux définir les enjeux et les contours d’une politique de rupture garantissant un vrai droit pour tous.

 
De quelle politique la France a-t-elle besoin pour garantir à chacun la possibilité de se loger dignement ? Comment redéployer de façon plus juste les moyens de l’État afin de réduire les inégalités territoriales ? Peut-on, dès à présent, instaurer un vrai droit au logement ? Et si oui, comment le mettre en place ?
 
Les 3es états généraux du logement et de l’habitat, organisés samedi à Bobigny par le PCF et l’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR), ont tenté d’apporter leur pierre à l’édification d’un service public tout entier tourné vers le droit au logement. Plusieurs centaines de militants associatifs, des élus, ainsi que des représentants de syndicats, ont décliné l’idée d’un service public national et décentralisé du logement et de l’habitat, portée, jusqu’à sa disparition, par Bernard Birsinger, ancien maire de Bobigny.
 
Choix politique
« Le logement ne coûte pas, il rapporte à l’État », a d’emblée affirmé Jean-Pierre Giacomo, président de la Confédération nationale du logement (CNL), afin de désactiver les critiques de ceux qui « nous accusent souvent de créer des dépenses supplémentaires ». Rappelant que « le budget du logement est en baisse de 4,5 % en 2007 », inflation comprise, il a aussitôt décit---Thorez-Automne.JPGnoncé des « choix politiques » qui conduisent l’État à « dépenser deux fois
plus d’argent pour les dispositifs 
d’exonérations fiscales de type Robien et 
Borloo populaire, que pour la construction du 
parc locatif social ». Les aides au secteur 
locatif privé « doivent cesser », a soutenu 
Claude Huet, - directeur d’IDF Habitat, 
expliquant qu’« aujourd’hui, beaucoup d’offices 
HLM ne peuvent plus construire sans 
l’apport financier des collectivités locales ».
 
Logique de marché
Afin de diminuer les loyers, le retour d’aides 
à la pierre conséquentes s’impose. 
Comment les financer ? « En augmentant les cotisations au titre du 1 % logement », propose Bernard Huet. En « taxant les profits spéculatifs et en allégeant la fiscalité, y compris locale, qui pèse sur les HLM », avance Jean-Jacques Porcheron, maire adjoint à Créteil. Il faut « sortir de la logique de marché et mettre gracieusement à disposition les terrains publics aux organismes HLM avec des baux emphytéotiques », assure un autre intervenant. « Les loyers du parc privé doivent être régulés. Il ne faut pas tomber dans le piège de rester uniquement dans le secteur social », estime de son côté un membre de l’Association internationale de techniciens, experts et chercheurs (AITEC).
 
« Limiter à 20 % des revenus les dépenses logement n’est parfois pas suffisant », prévient Jean-Jacques Karman, vice-président du conseil général de Seine-Saint-Denis, citant le cas des érémistes et des salariés précaires. « Les aides au logement ont leur limite », acquiesce une responsable d’action sociale qui se désole par ailleurs des « fortunes que l’État dépense en nuitée d’hôtels indignes et sans confort ». Une critique reprise par Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL, qui a demandé « l’application de la loi de réquisition et l’arrêt des expulsions ». Michel Ricoud, militant communiste de la CNL Orléans, a invité les participants à « encourager les convergences de lutte pour définir des propositions fortes et partagées ». « Un réseau national antiexpulsion, à l’image du Réseau Éducation sans frontières », a été constitué pour protester contre la reprise des expulsions, a indiqué Nadine Garcia, responsable du logement au Parti communiste. Les « mardis du logement », rendez-vous mensuels protestataires et festifs nés en Seine-Saint-Denis, devraient également être étendus à l’ensemble du territoire.
 
Cyrille Poy
Article paru dans l'édition du 5 février 2007 du  Journal l'Humanité Rubrique Société

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